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Full text of "Rapport adressé à M. le ministre de l'instruction publique"

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A 


*• l* MIMSTRE BE .LWTMiCTIO.A PlIBLIip 

Par M. le docteur DAREMBERG 

©ibiiothecaire de 1’Academie rojale de medecine , medecin de Bureau de Bicnfaisani 

ohargd d une mission mddico-litteraire en Allemagne. 


Paris, Ie 15 avril 18A5. 

Monsieur EE Ministre, 

J 'ai l’lionneur d’adresser a Votre Excellence Ie Compte rendu 
d une mission medico-litleraire en Allemagne, qui m’a ele con- 
tiee au mois de decembre dernier par M. Ie Ministre votre pre- 
decesseur, et dont la duree etait fixee a trois mois. 

Pour rester dans les limites d’un Rapport , je dois me borner a 
consigner ici les resnltats generaux de mes recherches, me re- 
» servant de publier un travail etendu qui comprendra une notice 
critique des manuscrits que j’ai particulterement eludies, un cata¬ 
logue de ceux que je n’ai pu examiner a fond, enfin de nombreux 
extraits des textes inedits que j’ai copies. 

Mon premier but etait d’obtenir communication des papiers 
de leu le P rofesse «r Dietz , lequel avail, par ordre du gouverne- 
ment prussien , parcouru l’Europe pendant quatre ans , pour co- 
Pier et collationner l es manuscrits des medecins grecs et latins, 
dans le dessein de publier une grande edition de Ieurs oeuvres! 
Mulheureusement Dietz est mort en 1836 , n’ayant donne que 
qaelques specimens de son immense travail, mais laissant des 



- 2 — 


\ 

maleriauxTres-prccicux, ainsi qu’on pouvait en etre assure par la 
preface qu’il a tuise en tele d’un petit volume renfermant deux 
traites de Galien (de Dhseciione musculorum,, et de Consueiudine, 
cn grec; Leipzig, 1832), ainsi que par une notice sur sa vie et 
ses travaux, inseree dans !e gelelirte Anzeigen de l’Academie de 
Munich (1839, n° 154 et suiv.). 

. Faire connaitre exactement le contenu de ccs papiers, en ( 10 ”-' 
ner dcs extraits, dtait done une chose importante : on devait 
reveler ainsi les richesses medieales manuscrites des principales 
bibliothequos de l’Europe, dispenser les medecins erudils de 
revenir sur des recherches deja faites, et preparer les voies a de 
nouvelles investigations. 

Deposes a la bililiotheque de I’Universite de KOnigsberg, ces 
papiers appartiennent, il estvrai, a l’Elat;maison nc pent en 
oblenir communication qu’a la charge de payer une assez forte 
indemnite aux lieritiers de Dietz. Ce n’est done que par suite de 
circonstances toutes speciales, et qu’il serait trop long d’expli- 
« q U er ici, que j’ai pu obtenir gratuitement a Berlin une partie de 
ces manuscrits; de plus, .j’ai ete assez heureux pour en trouver 
un catalogue exact etdetaille. Comme jfc dois publier integrale- 
rnenl ce catalogue, je me bornerai a donner ici quelques details 
sur les textes que j’ai eus a ma disposition , et que j’ai pu copier 
ou collationner. 

§ l er . IIippocrate. 

Les oeuvres d’Htppocrate avaient particnlierement attire l’at- 
tention de Dietz; aussi a-l-il releve avec le plus grand soin 
les variantes fournies par les manuscrits de Vienne, de Mu¬ 
nich , de Rome, de Naples, de Venise , de Florence, de 
Milan, de Turin, de l’Escurial et de Paris. Ces derniers nous 
sont parfaitement eonnus par le beau monument que M. Littrd 
eleve a la literature medicale dans son edition si savante d’Hip- 
pocrale. Mais les autres manuscrits, comme on peut s’en con- 
vaincre par quelques fragments quo je rapporte, fournissent des 
donnees nouvelles pour la constitution du lextc d’Hippocrate; il 
cst tres-desirablc que M. Littrc puisse profiler de ces rcssources : 


il sembie qu alors Ie dernier mot de la critique philologique pour- 
rajt etre dit sur les oeuvfes du medecin de Cos. 

Hw ai eu communication des pieces suivantes : 

I , I® Description de plusieurs manuscrits des bibliotheques Bar- 
berine et du Vatican, entre autres du Cod, Barb. 276, et du 
Cod. 68. C est dans ce dernier que se trouve une definition em- 
pruntee au traite ifc ? l e s xsv, traite qu’on croit a jamais perdu, mais 
T'C^COUvora peut-etre dans quelque manuscrit arabe. 

2° Variantes pour le traite du Prognostic, tirees du Cod. 44 
V'mdob. 

3° Variantes pour les Aphorismes fournieS par deux manuscrits 
dei Vienne. 

4° Variantes des Cod. 282 Venet., et 14 Nanian. pour le traite 
Oe^ovvi; (de Genitura)j 

5° Un traite intilu|e iispl yewriaeas av0p<orc>u x«i yovri; (de procrea- 
uone hominis et de tfenitura), tire du Cod. 13 Vlndob. Ce traite 
est extrait en partie du mpl lui-meme, en parliedumpi <pu<no ; 
JKftoy, mais avec d| notables changemenls de redaction. 

6» Un fragment (de Phlebotomia ), Cod. 16 Vindob. 

$M traduction de cdfragment se rencontre frequemment dans les 
pnuscritslatins;!! existeaussi en grec a la Bibliotheque royale 
de Paris, sous le 2269. 

7° Description plusieurs manuscrits de Vienne, contenant 
divers traites d’Hippocrate. 

8° Variantes de trois manuscrits de Vienne, du Vatican et de 
Miton pour le traite de la Mala die sacree (rnpi tepficvouoou). 

§ II. Bcfcs. 

Bufus d’Ephese qui, suivant I’opinion generate, vivait sous 
l’t.npereur Trajan, est fun des medecins grecs les plus ori- 
-,'inaux et les plus curieux a eludier. II avait compose plu- 
Meurs ouvrages. Detous ces ouvrages , quelques-uns sont arrives 
•usqu’a nous, mais mutiles ou defigures par les copistes; d’autres 
P* nous sont connus que par des fragments; enfin le plus grand 
«*mbre est entierement perdu. Des trois traites un peu conside- 
r ables qui nous restent, aucun ne presenle un texte satisfaisnnt. 




li en est un surtout, ne; 
e el renu\ 


-3.8S)v (de Mur bis vc- 

_ :m ), dont la derniere moitie est rendue presque dli- 

sible par des lacunes parlielles tres-nombreuses et souvent consi¬ 
derables. Les quinze premiers cbapitres de cet opuscule ont etc 
edites par Goupyl, d’apres un manuscrit de Pans, en 1554. Dc 


Malthsei l’a publie en enlier en 


1806 a Moscou, d’apres un ma¬ 


nuscrit d’Augsbourg; mais ce teste, outre ^on insulfisance 
cause des lacunes dont fai parle pi-’'- bant, S£?.'6aTC uaus. u.«' 
volume d'une si grande raret'e qu’ii n’enexiste peut-etre pas six 
exemplaires en Europe (1). 

Dietz a collationne le texte de De Matthsei avec un manuscrit 
du Vatican. Ce manuscrit parait provenir du meme original 
que celui d’Augsbourg; il offre neanmoins des varianles no¬ 
tables, et, cequi est encore plus important, il comble un assez 
grand' no'mbre de lacunes, qu’ii eut ete presque impossible de 
restituer avec sitrete sur de simples conjectures. Je rapporte cette 
.precieuse collation, et j’espere, eu recourant a d’autres elements 
de critique, pouvoir ametiorer dans quelques passages la partie 
du texte qui n’a pql’etre a l’aide du manuscrit du Vatican. 

Dietz a trouve a la bibliotheque de Florence un excellent texte 
du trade, n Sf i ?af! x« x <ov Hfafru&v (de Remediis purgantibus }, publie 
ogalement par De Matthsei. Void ce que Dietz dit de ce manuscrit 
dans sa preface de l’opuscule de Severus : n 6f i xJojorr.pwv ( deChjste■ 
ribus; Konigsberg, 1836, in-8°) : Cod. bomb. S. XIV qui... 
RuphiEpliesii de medicamenlis purgamibus editionibus et Goupy- 
liana parisiensi principe el mosquensi Mattluetcma longe integrio- 
rem, lexluque multo puriore conspicuum ... conlinel. » 

iN’ayant pu obtenir cette collation , je fais en ce moment des 
demarches pour avoir it Florence la copie integrate du texte. 

Je rapporte de plus les varianles de deux manuscrits de Vienne 

-et du Vatican pour un autre trailede Rufus :’Owue 


t, Ce volume comprcml lout ce que I’on connaissait alors de Rufus, 
excepte son ouvrage A'analomie et les fragments qui se trouvent dans 
Aelius. De Matthau v a meme insere les chapitrcs qui se irnnvent dans 
les quinze premiers livres des ^ d’Oribase. ( Voir, plus bas 1 
• le § relat'd a Oribase.) 



p*jKo»v (de Apellationibus partium corporis luut’mi), e dile pour la 
premiere his par Goupy! a Paris en ot reproduit en 1726 
par Clinch a Londres. Enfin j’ai trouve plusieurs chapitres in<5- 
di/s du meme auleur sur le /regime ,des femmes et des enfants. 
Dietz avait aussi copie a Paris deux/trailris a peu pres inconnus 
de Rufus: l’un, de Podngra, qui existe seulement en latin et que 
>i. l.iltre va. public-' la Revue de ■philologie, et I’autre sur Ie 
pools (n Ef i omqfiirt), en grec; je me propose de fuire imprimer ce 
dernier dans le meme recueil, en joignant an texte de Paris les 
variantes de deux manuscrits d’ltalie. 

§ III. Oribase. 

Un des auteurs les plus importants de la .litterature me* 
dicale grecque est, sans contredit, Oribase, medecin et ami 
de I’empereur Julien. 11 avait, par ordre de ce dernier, pu¬ 
blic en soixante-dix livres et sous le litre de ’i*r P wai oava^al 
(Collecta medicinalia), une espeee d’eneyclopedie, comprenant 
dans un ordre systematique unites les connaissances medicales 
d’alors. Le grand merite de cette encyclopedic, c’est d’avoir 
<He exclusivement lormee d’extraits textuels de Galien et des 
autres n^decins ou chirurgiens les plus renommes. Malheureu- 
sement cet ouvrage , qui devait jeler une si vive lumiere sur 
l’histoire de la medecine antique, est perdu en grande partie. 
Jusqu’a present, on n’en connait que vingt-trois livres, tons pu¬ 
blics en grec. Cette perte est a jamais regrettable, ear les livres 
qui nous monquent conliennent precisement la partie la plus 
etendue et la plus inleressante de la medecine et de la chirurgie ; 
et de plus, a l’exception de Galien et de Dioscoride, il ne reste 
aucune trace des sources originales auxquelles Oribase avait 
puise. 

De Matthaei a public a Moscou en 1808 les quinze premiers 
livres des ; mais omettant tous les chapitres extraits de 

Galien, de Dioscoride et de Rufus, il n’a imprime que ceux em- 
pruntes aux autres medecins grecs. Son texte est tres-defectuenx 
et completement depourvu denotes explicatives; cette edition 
du reste n’est guere moins rare que celle de Rufus, dont il a ete 



question pIusliaut.-~Le 24« et le 25® livre trailant de 1’anatoraie et 
tires en grande partie de Galien ont etS publics pour la premiere 
foisaParis en 1556, et reimprimes a Leyde, par Dundass, en 
1735. — Cocclii a edite a Florence, en 1754, les livres 46 et 47 
(de Fracturis et luxatis).— Enfin on trouve les 44* {de Abcessibm), 
45’ {de Tunwribus), 48® {de Laqueis ), 49® de Machinamentis ), et 
quelques fragmentsdes 50® et 51® {de Pu^[^\.:'y,l"taoruis., ll2 ns 
le 4* vol. des Classici auctores du cardinal Angelo Mai, qui a 
suivi, excepte pour Rufus, le systeme d’exclusion deDe Matthsei. 
Toutes ces editions sont difficiles a reunir; elles sont, en outre, 
tres-imparfaites. D’ailleurs De Matthaei et Angelo Mai, en negli- 
geant tout ce qui appartient a Galien et a Dioscoride, ont laisse 
une grande lacune, car le texte d’Oribase represente pour nous 
des manuscrits fort ancienset dont les variantes doivent etre d’un 
grand secours pour la correction du texte de ces deux auteurs. 

Oribase a redige lui-meme un abrege des suvo^ai, sous le 
nom de xOv^t; (Synopsis), en neuf livres. Ce traits n’a ete publie 
qu’en latin. 

Enfm nous avons encore, mais egalement en latin, un autre ou- 
vrage vulgairement appele ’Ewofior* (de Parabilibus remediis). 

Dietz avait reuni d’immenses materiaux pour Oribase. J’ai ete 
assez lieureux pour les obtenir tons; en void le detail : 

1° Yariantes des 4 manuscrits de Paris, n os 2189, 2190 et 2237, 
pour les cliapilres des quinze premiers livres des Xuva^yal publies 
par De Matthsei. 

2° Copie sur les manuserits 2189 et 2190 des parlies omises 
dans l’edition de Moscou. 

3° Copie d’une vingtaine de cliapilres du l* r livre, d’apres un 
manuscrit de Naples. 

Ayant a ma disposition les manuscrits de Paris, je me suis con¬ 
tents de transcrire tout ce qui est tirS du manuscrit de Naples; 
mais j’ai releveavec soin un grand nombre de conjectures consi¬ 
gnees par Dietz ala marge des cahiers qui conliennent la copie 
ou collation des manuscrits de la Eibliotheque du Roi. 

4° Collation du manuscrit de Florence appele vulgairement 
Collectio Nicetce et d’un manuscrit de Paris pour les livres 48 et 
49 publies par A. Mai d’apres un codex du Vatican. 


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5° Variantes tirees d’un manuscrit de Turin pour les deux 
livres anatomiques, le 2D et le 25 e . 

6° Copie du lexte du xm^i; sur un excellent manuscrit de 
Vienne, avec les variantes de quatre manuscrits des bibliollie- 
ques Barberine, du Vatican, de Florence, de Milan, et d’une tra¬ 
duction latine du cinquieme siecle. J'avais emporte avec nioi la 
copic faite par M. Littre d’un manuscrit de Paris, tres-mauvais, 
mais le seul qui existe a la Bibliotbeque du Roi. J’ai releve avec 
le plus grand soin les nombreuses variantes et les additions 
considerables fournies par le texte de Vienne el par les ma- 
nuscrits d’ltalie. 

7° Copie des ’Eum>pi<rra ; texte d’apres un excellent manuscrit 
de Munich, avec les variantes d’un manuscrit de Venise, j’ai 
transcrit ce traite integralement (11 cahiers in-4°). 

8° Une piece de vers (iambes) inedite et intitulee ’Ex twv 
OpiSaaiou ro3 laTpotHxpiaTou OyiEtvciv mxpa-y-y6).u.5<T(uy ( Salubria pru'cepla ), 
tiree d’un manuscrit du Vatican , avec les variantes d’un manu¬ 
scrit de Florence. 

9° Un tres-court fragment trouve par Dietz dans un codex de 
Venise et que j’ai collationne sur un manuscrit de Dresde. Je 
donne plus bas ce fragment. 

10° Enfin , Dietz a decouvert deux nouveaux livres des 
Zuva-joifai , inconnus aussi bien en latin qu’en grec, et qu’il croit 
etre les 2D et 22° : il y est traite du regime et en particulier 
de celui des femmes et des enfants. Les auteurs mis a contri¬ 
bution par Oribase dans ces deux livres sont Diodes, Mnesithde, 
Athenee, Rufus, Soranus, Galien, Antyllus et Philumene. Ainsi, 
grace a cette decouverte si precieuse et si inesperee , le nombre 
des livres conserves des Xuva^at est aujourd’hui porte a vingt- 
cinq. 

Livre a 1’etude de Galien, je n’ai point l’intention de publier 
Oribase; je donnerai seulement quelques specimens des textes 
queje rapporte et particulierement des deux livres nouveaux. 

J espere que les circonstances permetlront a M. le docteur Busse- • 
ranker, d’Amsterdam, et actuellement a Paris, de publier les 
rauvres du medecin de Julien. Nul n’est mieux prepare pour ce 
travail : a la fois philologuc et medecin, M. Bussemukcr a donne 



<Jes preuves d’une erudition etendue et variee dans son edition 
du 44' livre des sjva W al; depuis plusieurs annees il s’occupe 
exclusivement d’Oribase, et on ne saurait trop souhaiter qu’il 
put mener a bonne fin une entreprise aussi louable et aussi 
genereuse. 

— Je rapporte encore quelques pieces tirees des papiers 
de Dietz, mais de moindre valeur que cedes dont il vient d’etre 
question : ainsi j'ai copie, outre plusieurs descriptions de cata¬ 
logues , des variantes tirees de deux manuscrits de Venise pour 
les scholies des Alexipliarmaques et des Theriaques de Nicandre, 
pour Paul d’Egine, pour Theopliile (Traite des urines ), etc., etc. 

§ IV. Galien. 

On s’etonnera , sans doute, de n’avoir pas rencontre dans 
celte liste le nom de Galien ; ce n’est pas que Dietz ait 
entierement neglige ce grand medecin ; mais effraye, ce sella¬ 
ble, par rimmense travail que reclament ses oeuvres, il s est 
contente de recliercher les fragments ou traites inedits; lui- 
meme en a publie, et il en a laisse quelques-uns dans ses papiers 
qui ne sont pas sans inleret, mais que je n’ai pas eus entre 
les mains. 

Rien negate, dans I’antiquite medicale, la valeur et l’uti- 
lite des ecrils de Galien : le philosophe, le philologue, l'his- 
torien , non moins que le medecin , y trouvent d’immenses 
richesses, et cependant cet auteur est a peine connu parmi 
nous. Le grand nombre de ses ouvrages, la maniere un peu 
diffuse dont ils sont rediges, par-dessus tout l’etrange corrup¬ 
tion du lexte, l’insuffisance et l’incorrection des traductions lati- 
nes, justifient en quelque sorte le peu d’empressement quon a 
d’etudier les productions de sa plume si feconde et souvent si 
originale. II faut bien ajouter encore que les etudes lilteraires 
medicalcs sont presque entierement negligees des medecins pour 
la plupart absorbes par la pratique, et que, d’un autre cote, 1 e- 
tude de l’antiquite classique occupe trop exclusivement les pbi- 
Iologues pour que les oeuvres des medecins grecs et en particulier 
cclles du medecin de Pergame, puissent trouver des lecteurs et 



— 9 — 


surtout des editeurs. 11 serait temps cependant qu’une edition 
critique et lisible pour tous vint rehabiliter en France le nom de 
ceGalien, si lu, si commente, et, je puis bien ajouter, si venerd 
dans les temps qui nous ont precedes. 

II me resle maintenant, Monsieur le Ministre, a vous entretenir 
des manuscrits que j’ai examines a la bibliotheque royale de 
Berlin, et dans les bibliotheques des autres villes oil j’ai sejourne : 
Leipzig, Dresde, Breslau, Bonn et Bruxelles. 

La litterature classique grecque et latine, pour la medecine du 
moins, est assez mal representee dans les bibliotheques dont je 
viens de parler; leurs richesses consistent principalement en au¬ 
teurs du moyen age; et, pour cette epoque, elles offrent des 
ressources qu’on chercherait peul-etre vainement ailleurs. 

Mais avant de parler des choses que j’ai trouvees, permettez- 
moi, Monsieur le Ministre, de dire un mot des hommes qui m’ont 
si bien servi. J’ai rencontrd partout une bienveillance, un empres- 
sement, et je puis dire un veritable interet, dont je garde un vif 
souvenir. Les bibliotheques m’ont ete ouvertes avec une extreme 
complaisance, et MM. les bibliothdcaires ont mis a ma disposition 
les richesses qu’elles renferment avec la plus grande liberalite. 
Je dois un temoignage particulier de gratitude a M. le conseiller 
Pertz, conservateur de la bibliotheque royale de Berlin, dont 
l’obligeance et l’affabilite egalent la vaste erudition. Je prie aussi 
MM. Naumann et Kunze, de Leipzig; Falkenstein, de Dresde; 
Elvenich et Guhrauer, de Breslau, de recevoir ici tous mes 
remerciments. 

Je ne saurais oublier non plus le gracieux accueil que j’ai re^u 
de MM. de Humboldt, Boeckh, Hecker, Isensee et Ehrenberg a 
Berlin; Rosenbaum a Halle; Ghoulant, a Dresde ; Henschel, 
Haase et Schneider a Breslau ; Harles et Brandis a Bonn. J’ai pu 
apprecier dans ces messieurs tout ce qu’a de solide l’erudition et 
tout ce qu’a de gdnereux I’hospitalite des savants d’outre-Rhin. 

§ V. Manuscrits de la bibliotii£que de Berlin. 

Le catalogue n’a pas ete publie; un seul manuscrit (il s’a- 
git toujours, bien entendu , de manuscrits medicaux) a ete 



— 10 — 


ilecrit avec beaucoup de soin par Moehsen, dans une disser¬ 
tation curieuse et rare inlitulee Dissertatio epistolica de ma- 
nuscriptis medicis quce inter codices biblioth.reg. Berol. servantur; 
Berolini, 1746. C’est un codex du treizieme siecle renfermant 
la plus grande partie des oeuvres de Rliasis et le livre Circa 
instans de Platearius. J’ai redige moi-mfime un catalogue , les 
manuscriis sous les yeux. Je signale seulement ici les plus 
importanis. 

Manuscrits grecs. 

21. Manuscrit en papier du seizieme siecle, petit in-4 0 , 
283 feuillets, contenant : 1° l’ouvrage de Galien, ifepl dwX&v ?«p- 
[de Simplicibus medicinis ); la fin manque; 2° Divers frag¬ 
ments relatifs a la matiere medicale, et dont je n’ai pu encore 
trouver l’origine. 

Ce manuscrit est ecrit avec beaucoup de negligence. J’en ai 
collationne quelques pages sur l’edition de Chartier. Les variantes 
sont assez nombreuses, mais peu importantes. Les titres des 
chapitres sont plus multiplies et plus devcloppes que dans le texte 
vulgaire. 

N° 7. Manuscrit in-fven papier tres-fort, du quinzieme siecle, 
d’une ecriture fine, mais reguliere et parfaitement lisible, titres en 
rouge; 50 feuillets; en tete on lit: ’k?yr, aw 0sw d-jiu to wspl oupuv too 
ootpuraToo ’Anroaptou. Ce traite des urines d’Actuarius a ete copie 
par Dietz, et, comme j’ai pu m’en assurer, sa copie a servi de base 
au texte que Ideler a publie pour la premiere fois dans ses Medici 
el physici grceci minores, Berlin, 1841-42, 2 vol. in-8°. En t£te 
du manuscrit est une table des chapitres qu’il contient. A la fin 

on lit : TtXo« -t-n; oXmc Ttpi ouftov Tpa.fp.aTei'i; ooipuraTou ’Axruapiou 8eou to Jupcv 
xat p.axpou irovo;. 

Ce manuscrit a ete corrige avec beaucoup de soin a la marge 
par celui qui l’a ecrit. 

Manuscrits latins. 

N° 56, in-folio, en parchemin. Ce manuscrit est compose de 
deux parties, dont I’une, contenant la chirurgie de Henri de Mon- 
daville, est tres-el^gamment ecrite et parait 6tre de la fin du 
quatorzteme siecle; l’autre, moins soignee et aussi du qua- 




torzieme siecle, contient plusieurs traites, entre aulres quelques 
ouvrages de J. de Saint-Amand (ined.) et la petite chirurgie de 
Lanfranc (impr.). J’ai copie plusieurs chapitres de Henri de Mon- 
daville, dont les oeuvres sont encore incites; je me propose de 
publier ces fragments et de decrire plus amplement le manuscrit. 

N° 115; en parchemin, petit in-folio, tilre etinitiales en rouge. 
Ce manuscrit se compose egalement de deux parties : la premiere 
est du milieu du quatorzieme siecle, d’une ecriture tres-fine, 
mais nette; elle contient un traite de tlieologie en 71 feuillets, 
sans nom d auteur, et qui commence ainsi: Hii sunt tytuliprimi 
Libri theologies veritalis, etc. Premier chapilre : Quod, Deus est; 
dernier chapitre : Enumeratio celestium gaudiorum : puis, Explicit 
compendium theologies veritalis, anno Domini 1344, scriptum indie 
marlgrum Perpetue et Felicitatis. 

La seconde partie, toute medicate, dcrite avec luxe et peut-6tre 
par la mSme main, est du milieu du quatorzieme siecle; elle ren- 
ferme les pieces suivantes : 

1° lncipit liber de conservanda sanitate a magistro Johanne de 
Met compositus, 6 feuillets. Quel est ce J. de Jolet ? Je suppose 
qu’on peut lire de Toleto, car la premiere Iettre n’est pas tres- 
distincte, et la marge est rognee apres le t. Fabricius cite aussi 
dans son Elenchus un Joleus Toleti qui vivait vers l’an 1350. 
Quoi qu’il en soit de l’auteur, le traite commence ainsi : 

Scribitur ab Ysaac in libro Viatici quod quicumque velil conli- 
nuam cuslodire sanitalem, custodiat stomachum; et il Unit par ces 
mots : sufjiciunt de balneis. 

2° De virtutibus casei, en vers leonins; un feuillet. Ce morceau 
inedit n’est autre chose, ce semble, qu’une amplification de quel¬ 
ques vers qui se trouvent dans l’dcole de Salerne. 

3® Regimen virile, 12 feuillets et demi. C’est le fameuxpoeme 
de l’ecole de Salerne; le texte presente de tres-grandes diffe¬ 
rences avec les manuscrits que j’ai eus entre les mains et avec les 
editions, surtout avec celle d’Ackermann. J’ai collationnd ce 
Regimen virile dans les plus pelits details, et j’ai copie plus de 
200 vers inedits. J’espere profiter de ces ricbesses nouvelles dans 
un travail que la suite de mes etudes me conduira sans dome a 
faire sur 1’ecole de Salerne. 



— 12 - 

4° Un traite sans litre , mais qui n’est aulre que celui d’Emi- 
lius Macer : De Virtutibus herbarum; 28 feuillets. 

J’ai collationne ce texte sur celui de Choulant (Leipzig, 1832, 
in-8°): les variantes sont rares et peu importantes. A la marge, 
il y a des gloses nombreuses, qui se rapporlent surtout a l’elymo- 
logie, quelquefois curieuse, mais le plus souvent ridicule, des 
noms de plantes. 

5° Carmen aslrologicum, 8 feuillets. Sur chaque page on trouve 


des figures astronomiques. Voici le premier vers : 

Saturnus sum altior planelarum atiarum 
A la fin on lit: 

A me Casper Engelsuesx est dictus 
Presbitero argenlinensi scriptus el depiclus 
Justus erit nunquam dereliclus 
In perpetuo Jesus erit benedictus 
Et alma matre semper virgine 
Qui regnat sine fine amen 

Et un peu au-dessous : 

Qui suos pueros corrigit 
Planetam bonamsibi porrigit 
Sed qui parcerit virge 
Male induslriatus erit ille 


N° 26, cod. in-4°, en parchemin, du quinzi^me siecle, 105 feuil 


lets; le titre porte Liber medicinalis. 

Cet ouvrage, presque tout entier tire des Arabes, est ainsi di 
vise : une premiere partie comprend une sorte de pathologie, oi 
plutot de therapeutique generate. Je transcris le titre de quelquej 
chapitres, comme un exemple de la maniere dont on traitait alon 
cette partie de la science : Medicina abstersiva; adustiva; aperi 
tiva; atractiva; corrosiva; consolidata (consolidans dans le texte)] 


constrictiva (exsicans dans le texte); constringens sanguinem; coni i 
posita (dans le texte : quae nulla est melior ); exsicaliva; incisival 
inflativa, etc., etc. Apres cela, vient la medecine des diverses par 
ties du corps; un chapitre intitule : Medicina repercussiva ; plu- 
sieurs chapitres sur les maladies de la peau; une description del 


principaux medicaments par ordre alphabetique; enfin quelqu 
generalites sur la pharmacologie. 



- 13 - 


A la fin on lit en encre rouge : 

Expliciunt inlitulaciones areolar um el capitorum (sic) hujus libri. 
— Explicit iste liber, sit scriptor crimine liber. Ce livre doit litre 
1’ouvrage inedit de J. de Saint-Amand , intitule : Areolce s. trac- 
talus de virtutibus et operationibus medicinarum simplicium et 
compositarum. Cette opinion a ete fortifiee dans mon esprit par 
une note detaillee que M. Littre a bien voulu me communiquer a 
cet egard. 

No 219, in-f°, en parchemin, du qualorzieme siecle. Ce ma- 
nuscrit, magnifiquement ecrit, enrichi de majuscules en miniature 
rehaussees d or, a beaucoup souffert de l’humidite. II contient: 

lo La grande chirurgie de Lanfranc. La premiere page est enle- 
vde. Voici la fin de l’ouvrage, qui est differente du texte imprime : 
....reslituti. Divina semper favente gratia, sine qua nihil proficitur, 
nullusque languor expellitur, qui sit benediclus in secula seculo- 
rum amen amen. — Explicit opus magnum cqrurgie magislri 
Alfranci (sic) quod ars complelum vocalur, scriptum per Landol- 
phum de Tzellis. 

L’ordre des chapitres n’est pas tout a fait le meme que dans 
1 imprime. Le texte pr^sente aussi de nombreuses et imporfanles 
vanantes. Si jamais on publie une nouvelle edition du fameux ou- 
vrage de Lanfranc, le manuscrit de Berlin devra 6tre collationne 
en detail. 

2» Traite d’anatomie, sans litre, cominengant ainsi : Gallyenus 
m tegm attestat quod quicumque interiorum membrorum cognilor 
esse desiderat, eum in analhomiam diligentem esse oportet ct 
attentum, etc. 

Le dernier chapitre est intitule : Recdpitutacio omnium ossium 
carports humani. L’ouvrage finitainsi: Que (quce) si cumprece- 
aentibus addanlur, adhuc eritprecedens eorum numerus augmen¬ 
ts; puis : Explicit anathomia. II y a, dans le texte, quelques 
igures anatomiques grossierement esquissees. Ce traite est cu- 
leux au point de vue historique. Je ne crois pas qu’il soil im- 
P 'me. Du reste, pour la litterature du moyen fige, it est presque 
possible de decider, sans de longues et penibles recherches, 

* 0,1 lel morceau peu connu est ou n’est pas edite. 

88, in f , en papier, du quinziemc siecle. Ce manuscrit con- 



tient plus de 30 pieces. Je signalerai seulement 1° la Prac- 
tica Rogeri; le texte est different de celui qui est imprime; . 
2° quelques ouvrages de Michel de Savonarole, de Padoue, pere 4 
du fameux Jerome : Incipiunt cautele magistri Michaelis de Savo- 
narola; — ALiqui canones ; 3° un traite de Calculo. Cet opuscule 
est interessant en ce qu’il resume la doctrine des Grecs et des 
Arabes. 

N° 198, in-4°, en parchemin du douzieme siecle, d’une ecriture 
presque microscopique, surtout vers la fin. Ce manuscrit tres- ; 
curieux renferme, entre autres choses, l’ouvrage intitule Rerum 
medicinalium libri qualuor de Theodore Priscien, medecin du 
quatrieme siecle. Le texte presente dans notre manuscrit de 
grandes differences avec celui qui est imprime. Les variantes, 
sont nombreuses et importantes; il y a de plus des parties de cha- : 
pitres et meme plusieurs chapitres entiers, surtout pour le livre 
(le troisieme) traitant des maladies des femmes, qui ne se trou- 
vent pas dans les editions et dans les autres manuscrits que j’ai 
examines ; mais le quatrieme livre manque tout a fait. Ce manu¬ 
scrit est trop important pour que je n’eu fasse pas le sujet d une, 
dissertation particuliere. Mon intention est de le comparer avec 
un autre manuscrit du dixieme siecle de la bibliotheque de Bour¬ 
gogne a Bruxelles, qui renferme le meme traite de Priscien, et de 
publier les chapitres inedits. Le manuscrit de Berlin contientj 
aussi plusieurs figures au trait et enluminees que j'ai copiees. On; 
voit dans ces figures, outre quelques representations grossieres de 
plantes, 1° les portraits d’Hippocrate, de Galien et d’un troisieme 
personnage qui est peut-etre Oribase; 2° l’officine d’un pharma- 
cien ou chimiste; 3° un Christ en croix; 4° un ange gardien; 
5» enfin les quatre evangtilistes avec leurs emblemes; dans cette 
derniere figure, J.-C. est represente dans le ventre de l’aiglej 
symbole de l’apotre saint Jean. Cette conception me parait ires- 
originale; mais je ne suis pas assez verse dans 1’archeolog! 
chretienne pour hasarder quelque conjecture a cet egard. 

§ VI. Mandscrits des bibuotheques de Leipzig. 

Le catalogue des manuscrits de la bibliotheque de la ville (biU 
Senaius ) a ete publie par M. le docteur Naumann, bibliothecaird 


- 15 - 


il n’y est fait mention que de six manuscrits relaiifs a la mede- 
cine; trois seulement me paraissent devoir 6'tre signales : 

1° Les huit derniers livres d’Aetius en grec, d’une main tres- 
r^cente. Sur la marge des premieres pages, on trouve un assez 
grand nombre de conjectures au crayon : elles sont peut-etre de 
Kuehn. Presque toutes les abreviations ont aussi ete resti¬ 
tutes, et beauconp de passages sont soulignes ; it semble que ce 
manuscrit ait ete destine a l’impression. Du reste, il ne presente 
rien de particulier et d’important. 11 est mtme probable qu’il a 
ete copie sur un manuscrit de Paris : Weigel l’avait fait transcrire 
tout entier, et on trouve une partie de celte copie dans les pa- 
piers de Dietz. 

2° Quelques fragments d’une ancienne traduction des Suvayu-jatj 
des EOiropia-ra et du‘ 2 uvoi|/t$ d’Oribase M. le docteur Naumann a bien 
voulu m’envoyer la copie de ces fragments qui se trouvent a la 
suite d’Isidore de Seville. Le manuscrit est en parchemin , du 
onzieme siecle. 

3» Un ’iatpoTOtpioM du Bas-Empire, con tenant des recettes, dont 
une seule est inconnue. 

— La bibliotlieque de l’Universite ( bibliotheca Paulina) est 
riche en manuscrits, surtout en traductions latines des auteurs 
grecs et en ouvrages du moyen age. J’ai trouve un catalogue ma¬ 
nuscrit, dont j’ai extrait tout cequi regarde la medecine. Comme 
it serait fastidieux de donner ici une nomenclature aride de titres 
et numeros, je me contenterai de signaler les manuscrits les 
plus interessants, en procedant par ordre alphabetique. 

1° JEgidius Cordubensis (Gilles de Corbeil), tres-beau manus¬ 
crit en parchemin du quinzieme siecle, comprenant les traites, 
souvent reimprimes, de Pulsibus et de Vrinis, accompagnes d’un 
commentaire perpetuel. Sous le nom du m6me ^Egidius est indi- 
que au catalogue un traite intitule : Regimen acutorum, dont je 
a’ai trouve aucune trace dans le manuscrit auquel renvoie le 
n ° (1164, 3). 

2 Aretee, n° 1109, en grec, d’une belle main du seizieme 
s«ecle. Dans ce manuscrit, comme, du reste, dans tous ceux con- 
n “sjusqu’a cejour.le commencement d’Aretee manque jusqu’au 
“Mbeu du chapitre IV du premier livre : ku&.urr.Ttc 



— 16 — 


Notre manuscrit contient les Signes des maladies aigues et chro- J 
niques, la Therapeutique des maladies aigues; les quatre premiers J 
chapitres et une partie du cinquieme de la Therapeutique des ma- 1 
ladies chroniques. II cesse brusquement a ces mots xiroxi ™ 

(sic) (p. 322, edit, de Kuehn). Apres ces mots se trouve, en effet, 1 
une lacune dans les textes connus jusqu’a present; il semble d’ail- . 
leurs que tous les manuscrits d’Aretee provieunent d’un meme J 
original. 

3° Un iraite d’Aurifaber, intitule : Super libros physicorum j 
(n° 1423). Ce livre m’est tout a fait inconnu, je ne l’ai vu cite j 
nulle part. 

4° Bruni Longobardensis (fameux chirurgien du treizieme siecle) j 
Chirurgia, et Chirurgia epitomata , ouvrages imprimes dans la j 
Collectio chirurgica veneta, 1519 (n° 1113). 

5° La plupartdes ouvrages de Constantin l’Africain. 

6° Un grand nombre de livres de Galien, traduits en latin; et, 
de plus, les Definitions medicales (bpoiiarpucoi), le Medecin ou In- , 
troduclion medicale ('iarpos ii eisa-p-pi), enfin les neuf premiers livres j 
des Administrations anatomiques {’E-ptifimn; avaTOfuza!) en grec; ma¬ 
nuscrit en papier, du seizieme siecle, et d’une tres-bonne ecriture j 
(n° 1102). Les Administrations anatomiques sont composees de . 
seize livres; jusqu’ici on ne possedait que les huit premiers 
et une partie du neuvieme. Le docteur Greenhill d’Oxford vient ; 
de retrouver dans un manuscrit arabe les autres livres qu’on 
croyait a jamais perdus. Cette decouverte est l’une des plus import 
tantesdont puisse s’enrichirla litterature medicale ancienne. 

7° La vie et Yindex des ouvrages de Gerard de Cremone, tra- 
ducteur et commentateur infatigable (n° 1105). J’espere obtenir' 
la copie de cette notice biographique et littdraire. 

8° Quelques ouvrages d’Hippocrate en latin, entre autres le 
Traite de la Nature humaine et de la Nature de l’enfant. 

9° Plusieurs ouvrages de Guillaume de Plaisance : de Anato -s 
mia; de Conservatione sanilatis; de Egestione; de Febris defini* 1 , 
tione et divisione; Practica medicinalis; id. physicalis; Summa 
conservations et curationis; de Urinis. 

Ce Guillaume de Plaisance est bien le meme que l’auteur ap-i 
pele communement Guillaume de Salicet, et quelquefois Guillelrm 


- ti¬ 
de Saliceto placentinus. II est plus connu comme chirur^ien que 
comme medecin, quoique en realite il ne fut pas chirurgien dans 
l’acception actuelle du mot. II n’y a d’imprime que sa Chirurgia 
(qui est peut-etre le meme ouvrage que la Summa medicinalis ), 
et la Summa conservationis et curationis. 

10° Enfin : Trotula, bona matrona , de Passionibus mulierum , 
dont le commencement est: Cum auctor universitalis Deus , et la 
lin, lavacrorum aqua calida (n° 1213). Cet ouvrage a ete souvent 
imprime; mais les manuscrits different beaucoup les uns des 
autres. J’en ai trouve un dans la bibliotheque de Relidiger, a Bres¬ 
lau, qui prdsente des particularity remarquables, que je ferai 
connaitre ailleurs. 

§ VII. — Manuscrits de la bibliotheque de Dresde. 

L’histoire et le catalogue de cette bibliotheque ont ete piiblies 
ensemble, par Ebert d’abord, puis par M. Falkenstein, actuelle- 
ment bibliothecaire enchef. Je n’ai examind qu’un certain nombre 
de manuscrits qui m’offraient un interet particulier ; en voici la 
lisle: 

Manuscrits grecs. 

N° 24, D. en papier, du quinzieme siecle, in-4°, de quarante 
feuillets d’une dcriture tres-fine. Les initiales manquent partout. 
II contient les Theriaques et les Alexipharmaques de Nicandre 
avec les scholies. Le texte, pour les Alexipharmaques surtout, ne 
presente que de tres-legeres differences avec l’edilion de Schnei¬ 
der; j’ai releve les variantes principales. Quant aux scholies, elles 
sont beaucoup plus abregees que celles publiees par Schneider, 
et paraissent en 6tre un extrait; du reste, elles different de cedes 
qui sont imprimees, plut&t par les mots etlatournure des phrases 
que par le sens. Les vingt-cinq derniers vers des Theriaques n’en 
ont pas du tout. 

God., 1. D. in-folio, du quinzieme siecle, quarante feuillets, 
contenant : 

Page la 47 recto. raXmvou ’Iarpb; ri tisayap; (Introduclio seu medicus). 

I aicollationne ce manuscrit avec l’editionde Kuehn. Les varian¬ 
ts ne sont ni nombreuses ni bonnes : ce manuscrit presente, du 
re ste, de tres-grandes lacunes qui proviennent vraisemblablement 



de l’original sur lequel il a ete copie. En l6te se trouve une table des 
chapilres. — L’ordre est, a peu de chose pr6s, celui du texte 
vulgaire; les litres sont plus developpes. 

Je note seulement une variante importante : 

Au chapitre IV, oil il est question des chefs de Sectes, noire 
manuscrit ajoute aux noms donnes par les textes vulgaires pour 
la secie logique ou rationnelle, celui d’Attale de Pamphylie, addi¬ 
tion que j’ai rencontree dans quelques traductions latines ma- 
nuscrites, par exemple dans celle qui se trouve a Dresde et 
sur laquelle je vais revenir; mais Galien range Attale dans la- i 
secte des methodiques; il l’appelle meme ©eoaaXeTov ovov (Thcssali-4 
cum asinum). Je ne saurais done jusqu’a present m’expliquer la 
le^on du manuscrit de Dresde. 

A la suite de I’iaTpos se trouve le Teyyi iarpixT) ( Ars medicinalis), 
avec des variantes d’un codex de Moscou, collationne par De Mat- 
thaei. Le texte du codex de Dresde est assez defectueux; les le- 
Cons de celui de Moscou sont le plus souvent meilleures : l’un et, 
l’autre presentent des omissions, mais en mSme temps quelques 
additions assez considerables au texte vulgaire. J’ai releve toutes 
ces differences, et j’aurai occasion de faire connaitre ce ma¬ 
nuscrit en detail dans un travail que je prepare sur Galien. 

Cod. D. n° 5, en papier, du seizieme si^cle, d’une ecritur^ 
tres-lisible, rapporte, a ce qu’il parait, de Moscou par De Mat- 
thaei. A la premiere page, on lit, en lettres majuscules : ’AxTouapq 

rapi EVEpfEiuv tou (Jiu^ixoS irveupiaTo;, xai zr,i Xoiitifc iaxpixvi? Topa-ypEaTeias (i). -7 
£ti xai nepi aTa6p.S>v. — £ti xai nepi avTepi6aXXopi.e'v6>v tou aurou ’AxTouapiou mp 
oupwv Xo'yoi dirra. — £ti xai nepi (pXe&TOpeias xai atpu^pi&v aJviXa — xai nepi oupu 

Tiva tou ’OptSaaiou. La collation de ce manuscrit pour le nepi Evep-p'a 
tou <j<. it. (De actionibus et affectibus spiritus animalis) a etc faite 
par De Matthsei sur l’edition de Fischer; j’ai releve toutes ces va¬ 
riantes sur mon exemplaire. Le traite nepi oupuv (de Urinis) a ete 


(1) Aoiirn t’aTpixvi upa-yptaTeia correspond au traite appele vulgaireraenfl 
iaTpixri jaefloSo? ou mpi ^aptioeu? nafliiv. Comnie on le voit, dans notre mafl 
nnscrit, ce traite et le nepi evsp-yeiav t.<|>. n. sont consid^res comme m> j 
seul ouvrage, ou du moins comme se faisanl suite l’un a l’aulrc. 1>" 
reste, la division des livres d’Actuarius varie beaucoup dans les manus* 
crits. Je rcviendrai ailleurs '>»•««■ "nestion. 


collationne par Dietz. Dans noire manuscrit le Grpix* nt8oSo { (Me¬ 
thodius medendi) est divise en sept livres; les deux premiers seule- 
ment ont ete publies par Ideler, d’apres les papiers de Dietz, 
dans ses Medici et physici grceci minores mentionnes plus haut. 

J’ai copie le petit traite riepi oraeptiiy xai ptsTpuy xai xapaxrripwy aurav 
(de Ponderibus et mensuris et de signis eorum) qui me parait ine¬ 
dit. J’ai egalement transcrit, et pour la meme raison, le nspi 0907- 
ji.5)v (de Pulsibus anonymi.) Quant au nepl oSpuv (de Urinis), attri¬ 
bue a Oribase, ce n’est autre chose que le traite de Theophile 
plusieurs fois reimprime; mais en tete on lit une sorte de preface 
qui se retrouve textuellement dans un manuscrit de Yenise 
(n° 293) dont j’ai parle plus haut. Dans le manuscrit de Venise, 
ce fragment est aussi attribue a Oribase et precede le m&ne 
traite rtspi oupuv. Comme le manuscrit de Dresde a ete copi^ a Ve¬ 
nise par Ambroise-Leon de Nole, traducteur du traite sur les 
Urines , il est probable que le manuscrit 293 est l’original qui 
lui a servi. Je remarque de plus que le nspl oupwv finit aux monies 
mots dans les deux manuscrits (to T xXa*T&&;— xai im Six ts'Xou?, 
p. 94, ed. de Guidot). 

Voici, du reste, le petit morceau attribue a Oribase : 

6 fkix (fuoi; miriaxax rbv ctvflpamv , Suo navu tiv«; aura imoTYipat xm-pxix; 
mpikm, tptXoooipiav re xai iarptxrjv, rp pity tya rnf 4/w/rit; lwt|MX5)Tat, vft Si to 
ripa iiruneoaev. 'AXXx tptXoaotpiav (tty epStuy at aaxnral- Sib ml x a; iaxvrrtc fiXi- 
aotfoi' ripe i; Se uwmpeTat oyrsc fife ipuoew? oxpe'iXopLev ou pto'vov vooouvtoc tou awptaTO?, 
aXXx mi iiyixlvovxot; irpoyoia; tivos immSeieiv. Touto 7ap r,u.Ty oXn; xHt T^yvi? 
EOTiy 10 oTtouJii, ?va p.7] ocyeu T*s im^eXelx; amltf-ai to zr,s otxeia< (67aia; ?) Sb^x. 
Ap(4. 0 Vrov ouy Xotwfcy touto woteiu xa8£> t xai 5 Xo^raros xai IwtamptouixtSTaTOC 
lintoxpxTTi; Tvpoae'xa^ wept rii; tov ptw5>y StairYic. 

Le traite nept <pXe6oTofua 5 a5»Xov xai M^eXtaoy est exactement le meme 
que celui publie par Gruner, d’apres une copie de notre ma¬ 
nuscrit que DeMatthsei lui avail envoyee. J’ai retrouve egalement 
a Breslau une partie des notes manuscrites de Bernard sur ce 
travail, notes publiees integralement dans ses Reliquiae medico- 
cnticce, Iena, 1795. 

Manuscrits Latins. 

fern ^ ’ en P arc hemin, du quinzieme siecle, cinquante 
els. e manuscrit, outre un recueil de recettes pour les prin- 



cipales maladies, de capile ad cafcem, contient quelques extraits j 
du Prognostic d’Hippocrate , le deuxieme et une grande partie du 
quatrieme livre du Synopsis d’Oribase. II se termine par quelquas 
prieres et formules superstitieuses pour chasser les maladies. 

Manuscrit D, n° 91, en parchemin, du quatorzieme siecle, ] 
contenant quatre-vingt-trois feuillets. Ce manuscrit est utile k \ 
etudier pour la medecine du moyen age et, en particulier, pour ] 
l’histoire de l’ecole de Montpellier. 11 renferme : 

1° La traduction du livre de Galien : iiepi ™v xa6’ i~~oy.paTr,v otoi X siW 1 
(de Elementis secundum Hippocratem); 

2° Un traite imprime de Constantin l’Africain , et intitule : de 
Melancholia. Comme I’auteur le dit lui-meme , ce traite est tire de- 
plusieurs ouvrages, et en particulier du livre de Rufus sur I’Atra- 
bi/e, livre cite et tres-loue par Galien, mais qui malheureusement 
n’est pas arrive jusqu’a nous; 

3° lncipit liber de conferentibus et nocentibus; 

4° Jncipiunt qucestiones magistrorum Montispessulani super phy 
sicam. Ces questions sont interessantes par l’erudition grecquej 
et arabe dont elles sont herissees : Aristote, Hippocrate, Galien J 
Philarete, Theophile, jLgidius et les Arabes y sont cites A] 
chaque instant; j’ai copie quelques-unes de ces questions. 

5° Philosophia inoctavo (sic) de astronomia; c’est un recueil'- 
de questions ou de syllogismes dialectiques. 

6° Recettes de medecine. 

7° Sentences medicales, philosophiques ou physiques, tirees de! 
Platon, d’Aristote, de Seneque, et surtoutde beaucoup d’auteurs^ 
arabes plus ou moins connus. 

8° Un petit traite sur les urines qui se termine ainsi: Expliciem 
flores urinarum secundum magisirum Gallerum de Afguillo. Je ne 
saurais decider si ce Galterus est le meme que Haller, dans sffl 
Bibl. medic, nomme Galterus Salernitanus. On congoit du reste) 
que la necessite de publier promptement ce Rapport m’a empech^ 
de me livrer a des rechercbes historiques sur chacun des noms 
que j’ai rencontres; mais j’y reviendrai certainement ailleurs. 
Cette explication me servira d’excuse, j’ose l’esperer, pour le peut 
d’eclaircissements qu’on trouvera ici sur certains hommes obscuij 


ou inconnus. 



- 21 - 

9° Experimenta magistri Bernoldi Calcadelli; Hippocrale, Aly, 
Galterus lui-m£me, sont cites dans ces experimenta. 

10° Liber astronomice secundum Ptolomoeum. 

11° Un petit morceau sur la saignee. 

12° LesAp/iommesde Jean Damascene (I’Arabe), livre plusieurs 
fois imprime 

13° Incipit liber de conservanda sanitate, quem Ai'istoteles scripsit 
Alexandro regi qui dicilur Secreta secretorum; traduit de l’arabe 
par Jean d Espagne, en faveur de la reine. II suffit de parcourir 
ce livre pour etre assure qu’il est apocrypbe. (Voy. Jourdain , 
Recherclies sur les trad. lat. d’Aristote.) 

14° Un traite sur les jours critiques en deuxlivres. 

15° Un morceau intitule a la marge Plancus (planctus ?) Thomce 
de ordine predicatorum. C’est une sorte de lettre oil les freres pre- 
cheurs du couvent de Lyon, s’adressant a l’Universite de Paris, 
exhalent leur douleur au sujet de la mort de St-Thomas d’Aquin , 
et oil ils reclament quelques parties de son corps et quelques ou- 
vrages de lui. Cette lettre est ecrite en latin barbare ; je 1’ai copiee 
integralement; sielle est inedite, je la publierai volontiers. 

16° Le fragment intitule de phlebolomia qu’on rencontre si sou- 
vent dans les manuscrits sous le nom d’Hippocrate, 

17°Jeme contenterai de signaler ici unmagnifiquemanuscrit en 
parchemin, deux vol. in-f°, contenant la traduction de presque tous 
les ouvrages de Galien. L’ecriture de ce manuscrit est d’une tr£s- 
lielle main et parfaitement nette. La premiere page dechaque traite 
est entouree d’arabesqiies d’une grande delicatesse; les litres 
sont ornes de vignettes rehaussees d’or, d'une veritable beaute de 
coloris, parfaitement conservees et interessantes par les details 
historiques qu’elles fournissent sur la pratique et sur 1’enseigne- 
ment de la medecine et de la chirurgie au commencement du 
xv e siecle. J’ai decrit ce manuscrit dans tous ses details et j’en 
ferai 1’objet d’une dissertation particuliere. II presente en outre 
desressources qui ne sont pas a negliger pour la correction du 
texte grec. Je m’en suis assure en plus d’un passage. 

§ VIII. Manusciuts des biblioth^ques de Breslau. 

Cette ville est 1’une des plus riches de toule l’AUemagne en 


— 22 — 


manuscrits du moyen fige. J’espere pouvoir faire connaitre un 
jour le nombre, la variete et l’importance des manuscrils de 
medecine. Ils sont conserves dans les bibliotheques de l’Uni- 
versite, de Marie-Magdeleine et de Rehdiger. J’ai trouve a Ber¬ 
lin un catalogue de cette derniere bibliotheque, catalogue dont 
l’existence etait inconnue a Breslau et qui a peut-elre ete fait 
par le celebre Moehsen, ou du moins par ses soins. J’en ai 
extrait tout ce qui regarde la medecine et j’ai pu verifier l’exac- 
titude des renseignements qu’il fournit. Je dois aussi a l’ex- 
treme obligeance de M. le professeur Henschel la copie d’un cata¬ 
logue, redige parlui, des autres manuscrits. J’en ai examine moi- 
meme un bon nombre, et M. Henschel a bien voulu me promettre 
des notes pour les autres. Presse par l’espace et surtout par le 
temps, je me bornerai a decrire rapidement deux manuscrits d’un 
grand interet et peut-etre uniques. 

Bibliotheque de I’Universile. 

Manuscrit in-4° duix e siecle; 119 feuillets. Le recto de pres- 
que toutes les pages est encadre d’une espece deportique grossie- 
rement dessine. Sur la premiere page on litenlettres majuscules : 

HERBA VETTONICA QUAM ESCOLAPICS INVEN1T VIRTCTES HABET 

xlviii. Entre les lignes de cette espece de titre, on lit, dcrit par 
une main plus recente : Optime constodiatur I E W (sic) anthonii 
muse (A. Musae) herbarius sexliplaciti papyriensis Liber de anima- 
libus, et sur la marge en haul, 5 droite, egalement d’une main plus 
recente : Herba bettonica quam Esculapius invenit virtutes habet 
LXVIII. 

Ce manuscrit est de la plus haute importance, et par son £ge 
et par quelques precieux restes de l’antiquite paienne qu’il nous 
a conserves et qu’on chercherait sans doute vainement ailleurs : 
je veux parler de plusieurs formules de prieres et d’imprecations 
adressees a la terre, aux plantes et aux diverses divinites de la 
medecine. 

Ces formules etablissent avec Evidence l’antiquite de l’ouvrage 
dont elles semblent faire partie, je veux dire de YHerbarium, seu 
de medicaminibus herbarum d’Apulee. Elles sont en mfime temps 
unepreuve irrecusable de Pancienneie du manuscrit, anciennete 



- 23 - 


qui du reste est etablie sur des raisons paleographiques que je 
n’ai pas besoin d’exposer ici. 

M. le professeur Schneider qui, le premier, a appele l’attention 
sur ce manuscrit dans un programme qu’on ne trouve pas dans 
le commerce de la librairie , a reconnu que les prieres avaient 
ete primitivement composees en vers iambiques de six pieds, 
dans le genre de Plaute. II est arrive a celte ingenieuse restitution 
sans presque changer le texte. Du reste, en regard de ces im¬ 
precations, on lit oda d’une main plus rdcente; elles sont trop 
curieuses pour que je n'en donne pas quelques-unes dans ce 
Rapport. 

Voici maintenant la description de notre manuscrit, il con- 
tient : 

1° Un herbarium qni semble un abre'ge ou plut6t une table 
analytique de 1’ouvrage d’Apulee. Cet herbier commence ainsi 
sans titre au verso du premier feuillet : que prima virtus ejus ( bet - 
tonica ) ad capitis fracluram ad oculorum vitia vel dolores, etc. Puis 
vient l’enumeration des vingt-quatre vertus du plantin et ainsi de 
suite pour cent treDte-une plantes. La derniere dont il est ques¬ 
tion est la mandragore : herba mandragora virtutes habet 6 ad 
oculorum fervores , etc. A la fin, on lit: expliciunt capitula. 

2° Au folio 15, une autre main a ecrit un Antidolum Justiniani 
ou Justinii. 

3° Au folio 16, de la meme main qui a ecrit tout le manuscrit : 
Ippocrates Mecenati suo salutem; et au-dessus : Propter venerabi- 
lemsuam venustatem hie liber her bar ius diligenter servetur. Je pu- 
blierai integralement la lettre d’Hippocrate a cause de l’ancien- 
nete du manuscrit dont elle est tiree, et a cause des differences 
qu’elle presente avec les traductions imprimees. 

4° Au folio21, recto : Incipit precatio terre , commence ainsi : 
dea sancta tellus rerum naturae parens , et finit par ces mots : 
Nunc Diva postulo ut mihi majetes ( majeslas) preestet quod le sup - 
plex rogo. 

5° Folio 22 : Incipit precatio omnium herbarum. Cette priere 
commence ainsi : Nunc vos potestis ( potenles ?) omnes lierbas de- 
precor, et finit par ces mots : Per nomen maiestatis qui vos jussit 



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nasci. Ces deux prieres out ete publiees par M. Schneider, je ne 
les reproduis done pas. 

6° Folio 22 : Epistola Antoni Muse sive de lierba vettonica 
quantas virlutes habet. — Anlonius Musa M. Agrippe salutem. 
J’ai pris le specimen de la premiere ligne et j’ai copie integrale- 
rnent cette lettre, dont le texte differe notablement de celui pu¬ 
blic par Hummelberg et reproduit par Ackermmann. 

7o Folio 23, verso : Antidotum paulinum, de la main qui a ega- 
lement rempli une autre page blanche par 1’ antidotum Justiniani. 

8° Folio 24. commence le traite de lierba belonica, sans titre, 
et de la main qui a ecrit tout le manuscrit. II est evident qu’une 
feuille a ete enlevee, car le preambule et la synonymie manquent. 
Le livre d^bute par ces mots : et efficacius , page 130, ligne 3, 
edition d’Ackermann. J’ai collationne ou plutdt j’ai copie lesqua- 
rante-huit vertus de la betonique (il n’y en a que quaranle-six 
dans Ack.), attendu que notre manuscrit donne un texte presque 
enticement different de celui des editions vulgaires, sinon pour 
le sens, au moins pour la redaction. 

9° Au folio 28, on lit: Vires herbarum et herbas incipiamus 
alium herbarium Apulei Platonis — Apuleius Plato ad cives; et d’une 
main un pen plus recente : A. Platonicus civibus suis salutem. 
Cette main reparait tr&s-souvent dans le manuscrit. Ses correc¬ 
tions sont-elles des conjectures ou representent-elles un autre 
codex ? 

Comme on le voit, Musa est positivement distingue d’Apulee 
dans notre manuscrit. Faut-il en conclure que cette separation 
est bien reelie, et que le traite de Betonica , attribue a Musa 
est d’un autre auteur que celui de 1’ Herbarium mis sous le 
nom d'Apulee? II me semble que les deux pieces ont bien le 
meme caractere, et je suis porte a les regarder comme sorties de 
la meme main. Toutefois, je ne saurais partager 1’opinion d’Ac¬ 
kermann qui leur assigne une origine relativement tres-recente. 
L’age de notre manuscrit, leplus ancien de tousceux qu’on con- 
nait, car celui de Vossius conserve a la bibliotheque de Leyde, 
qui passait pour le plus vieux, est du treizieme siecle, et de plus, 
les formules de prieres dont j’ai parle plus haul, me paraissent 
reveler une origine tout a fait paienne et faire remonter au moins 


-To¬ 


rn guatrieme siecle les deux traites dont il est question. 

J’ai collationne, ou plutbt, comme pour Musa, et par les memes 
raisons, j’ai copie integralement quelques chapitres d’ApuIde ; 
j’ai egalement releve les titres, car ils ne different pas moins que 
le texte lui-meme des editions vulgaires. J’espere publier ces 
fragments comme specimens d’une nouvelle edition de cet auteur 
qu’on ne saurait desormais reimprimer sans prendre pour base le 
texte de Breslau. 

Apresla plante, appelee dansnotre manuscrit Sicus de magria, 
(Cucumer sylvalicus , Ackermann , p. 289 , mm; des Grecs), 
vient une formule d’incantation que voici: 

Precabis aulem earn sic dicis:—Ygia summa nulrix draconum 
per malrem terram le adiuro uti curis precantationibus Asclepii 
herbarum doclorem incantationem meam perferas inlibatam. 

La description de l’apium , de la mentlie, de l’aneth, de l’eri- 
fion est accompagnee de formules semblables, que je transcris 
ici egalement. Ainsi en t&e de l’apium on lit : 

Precatio herbe, et a la marge oda. 

Herba apium te deprecor per inventorem tuum Scolopium (Escu- 
lapium ) uti venias ad me cum virtutibus et ea mihi pnestes quce 
ad te (a te) fidus peto. 

Pins bas a menlha , on trouve : 

Precatio ejusdem herbie, et a la marge oda. 

Herba hediosmus (iiW.; en grec), per Vulcanumoperis invento¬ 
rem adiuro te ut auxilio suo cures omnia quce de te sunt infra 
scripta. 

On retrouve quelque trace de cette formule, mais en quet- 
que sorte christianisee , dans les manuscrits et les editions 
vulgaires d’Apulee. Tous ees restes du vieux paganisme expirant 
ont ete scrupuleusement expulses par les copistes du moyen age. 
e SU1S mgme ten te de croire que les formules qui faisaient par- 
* ie texte original d’Apulee n’ont pas ete toutes reproduces 
dans notre manuscrit. 

vante deSCript ‘ 0n de l aneth est acc ompagnee de la priere sui- 

Herba bona sancta anetum Apollo sanele et te quceso obse- 

ttl luec lierba mihi in adjulorium sit ut remediis ejus curam ad 




quem cum quern annmisero (ad quemcumque ammisero) auxilio 
maxima prceslet. 

Enfm avant l’erifion , on lit une derniere priere: 

Herba erision uli adsis me rogantem ut cum gaudio virlus tua 
prceslo sit et ea omnia persanat que Scolapius aut Giro centaurus 
magister medicines de te adiuverit. 

Apres le petrosolinus deux feuilles ont ete arrachees, et an 
folio 86, on a intercale la piece suivante : Descriptio truphere (1), 
commenQant ainsi: Feniculi semen uncia, et Unit par ces mots : 
Hoc qui usus fuerit incolumis perseverat usque ad diem defmitio- 
nis sue. 

Au folio 87 se trouve la description de la mandragore, laquelle 
est la derniere plante decrite par Apulee. Notre manuscrit lui at- 
tribue six vertus; voici les derniers mots: Radices sues servanlur 
plurimis usibus profulures (Ack., p. 294). Au bas de la page : 
Anlidotum teriaca, que dicilur diatissaron (2) cui nulla est melior. I 
Apres quoi viennent quelques mots grecs en lettres unciales : ces 
mots n’ont aucun sens. Ce sont peut-Otre des formules magiques. 
Les memes mots et d’aulres semblables se trouvent au folio 11, j 
ce qui meme semble une nouvelle preuve de la date reculee de 
notre manuscrit. 

Au folio 88, table de Touvrage de Sextus Placituspapyriensh; j 
celte table ne commence qu’tvp paragraphe 6 du chapitre l er , J 
d’oii il faut conclure qu’au moins un feuillet manque encore ici. J 
A la fin de la table on lit : 

Breviarium (?) medicinalis Sexli Placid papijriensis ex anima- 
libus bestiis et pecoribus explicit. 

L’ouvrage commence ainsi sans litre general: 

De cervo; cornus cervi habet vires humores omnes exsican- i 
clos , etc. 

J’ai collationne le texte de notre manuscrit avec celui d’Acker-1 


(1) Tryphera est electuarium vel compositio anliqua, a Tgucpepb;, delicatus, 
dicta quod totius corporis orisque colorem odoremque commendet et nati -1 
mm membris succutn restituat. Varia passim adhuc proslant ut persica< 1 
saracenica, Nicolai, etc. Conf. Nic. Myreps. I. 209-211 et 221 (Blancardi* 
lexicon ed. Kuehn). 

(2) Voir aussi sur ce root le lexiqne de Blaneard. 


- 27 - 

man; Ies differences ne sont pasmoinsgrandes que pour Apulee. 

Plusieurs chapitres qni se trouvenl dans Ackerman manquent ici 
par suite de l’arrachement de quelques feuillets. A la fin quel- 
ques pages sont dechirees, et l’ecriture des fragments qui restent 
est presque entierement effacee. 

Au folio 118 on lit: Nomina herbarum Dioscoridis. Ce feuillet 
esten grande partie enleve. Au feuillet 119 se trouve sur deux co- 
lonnes le nom d’un certain nombre de plantes : le premier est 
heliotropion, le dernier hiera ; et avec ce mot finit notre codex. 

Bibliolheque de Marie-Magdeleine. 

Cod. Salernitanus. — Le manuscrit dont il me reste a parler 
est plus precieux encore que celui que je viens de deerire. En 
effet, il n est plus question de quelques auteurs semi-barbares, 
remplis de recettes plus ou moins fausses ou ridicules; il s’agit de 
la fameuse ecole de Salerne, de cette ecole qui a regi pen¬ 
dant un certain temps une grande partie du monde medical, qui 
est en quelque sorte le point intermediate entre la medecine an- 
cienne et la medecine moderne; de cette ecole enfin que jusqu’a * .. 

present nous ne connaissonslurteu/que par le poeme didactique?7 
qui porle son nom. Notre manuscnit ouvre un horizon nouveau : * 

ce n’est plus settlement au cote dieletique, a la doctrine exte- 
rieure , au point de vue pittoresque et populaire, pour ainsi par¬ 
ler , que nous devons desormais nous arrtker ; nous pouvons pe- 
netrer maintenant dans l’interieur meme de l’ecole de Salerne : 
nous y voyons les maitres enseigner, les eleves assistant aux 
cours, redigeant et nous transmettant les legons. Nous savons 
comment les medecins salernitains concevaient la pathologie; 
comment ils traitaient les maladies; nous pouvons remonter vers 
les sources auxquelles ils ont puise et, par ce moyen, jeter une 
vtve lumiere sur l’enseignement et la pratique de la medecine au ' 
moyen &ge. 

Six maitres s’offrent a nos yeux comme enseignant a Salerne, 
voici leurs noms : Magister Coplio, M. Platearius, M. Petronius ; 

Johannes-Afflacius , M. Bartholomeas , M. Ferranus , enfin la 
ce ebr e Trotula y est tres-souvent citee, non pas comme ensei- 
Snant, il est vrai, mais comme un ecrivain ayant autorite. Il est 



done constant que, veritable femme medecin, Trolula ne sest j 
pas settlement occupee des maladies de son sexe , car dans noire I 
manuscrit on trottve plusieurs choses d’elle stir les fievres, sur les ® 
maladies des yeux et des oreilles, etc. 

Parmi les noms que je viens de citer, if en estde connus; mais I 
il en est aussi, ce me semble, qui tombent pour la premiere fois H 
dans le domaine de I’histoirede la medecine, parexemple, M.Pe- . 
tronius, M. Bartholomeus, a moins que ce dernier soit le meme 
que l’auteur menlionne sous ce nom par Haller, d’apres le cata- a 
logue de la bibliotheque de Norfolk (Bibl. med., t. l er , p. 484). H 
Quant a M. Ferraritts, je 1’ai vu cite dans quelques autres mantis- H 
crits. M. J. Afflaciusou d’Afflacio prend volontiersle litre deDisci- ■ 
puhis Constantini ; M. Henschel croit que e’est le meme que Jean de P ^ 
Milan, auquel on attribue la redaction du poemeconnu sous lenoni . _ 
d’Hcole de Salerne. Toutefois je remarque en passant que dans M 
un manuscrit de Wolfenbiittel ce poeme est mis sous le nom d un I j 
certain Novoforo qui m’est tout a faitinconnu. On lit eneffet dans jj 
un catalogue que M. le docteur Bussemakera copie et qu’il abien til 
voulu me comniuniquer : TSovoforp, de sanitate taenda libellus H 
auctior quam in vulrjaribus edilionibus; extat sub nomine Scliohe H 
salernilance. 

Notre manuscrit est en parcliemin, du xit e siecle, in-4° sur deux ■ 
colonnes, d’une ecriture presque microscopique, avec des initiatesH 
coloriees ou noires. II est designe au catalogue sous ce litre :,® 
Herbarius latine in pergameno. et varii medicorum tractalus. Jel ai® 
fait inscrire sous le nom de Codex Salernitanus. II contient : 

1° L’ouvrage de Platearius appele vulgairement Circa installs 
des deux premiers mots par lesquels commence le traite. Dans le® 
codex on lit : Incipit prologus in libro simpiicium medicine rum- H 
Circa instanspropositum in simplicibus; (f° 1 a 44\)—Apres le prO'H 
logue vient la description desmedicamenls depuis de aloe jusqu’a | 
de zipulis. Dans les editions le livre se termine a de zeduaro. D« 
reste, le texte du codex Salernitanus est tres-dilferent du texte jjj 
imprime et meriterait d’etre collationne ou plutdt copie 
servir de base a une nouvelle edition de Platearius. ,. 

2° Tractalus de egritudinum enratione (1°44 a 112). Ce trait e | j 
motiveparticulierementlesremarques que je faisais louta 1’heur®® 


En effet, c’estici que nous voyons apparaitre les six maitres et 
que nous trouvons la nosologie et la therapeutique de 1 ecole de 
Salerne. Les maladies y sont decrites de capile ad calceme n 180 
chapitres. L’ouvrage est divise en deux parlies; l’une comprend 
lout ce qui regarde les fievres en general et en particulier: la 
seconde renferme les autres maladies, a eommencer par la plire- 
nesie. Pour chaque maladie on trouve la doctrine des divers maitres 
sur la definition, la nature, quelquefois la marche, et toujours la 
therapeutique. Ainsi, pour ne citer qu’un exemple, on a sur 
la phthisie l’opinion de M. Platearius, de M. Bartholomeus et de 
M. Afflacius. 11 me semble retrouver dans ce manuscrit le cahier 
d’un etudiant de Salerne prenant des notes sous la dictee de ses 
maitres, les redigeant pour son usage, et nous transmettant ainsi, 
a son insu, l’un des plus precieux monuments de la lilteralure du 
moyen ttge. 

M. le professeur Henschel, qui a transcrit tout ce traite, a bien 
voulu m'envoyer sa copie a Berlin. A mon tour, j’ai copie une 
vingtaine de chapitres que j’ai collationnes de nouveau avec soin 
sur 1’original pendant mon sejour a Breslau, et que je me propose 
d’inserer dans un journal de medecine. J’ai trouve dans ce manus¬ 
crit des renseignements exlremement curieux, au point de vue 
historique, sur une maladie fameuse et qu’on a crue nouvelle au 
xv e siecle, parce que ses ravages ont ete plus grands a cette epoque 
qua aucune autre, et parce que ce ful alors seulement qu’elle 
attira 1’attention comme etat pathologique special. —M. Henschel 
prepare une edition complete du traite de JEgritudinum curatione, 
et m’a fait l’honneur de me demander quelques notes sur cer¬ 
tains points relatifs a la medecine grecque. II serait bien a desi- 
rer que cette edition put se faire en France : l’ecole de Salerne 
«st pour ainsi dire mere de nos ecoles de Paris et de Montpellier; 
nous ne ferions done qu’acquitter une dette de reconnaissance et 
de justice en contribuant a la publication d’une des plus curieuses 
Productions de cette ecole. 

Le Codex Salernitanus contient encore vingt-neuf pieces qui me 
paraissent toutes avoir une origine salernitaine. Devant reve- 
fl ir sur ce manuscrit, je signalerai seulement ici 1’opuscule 
-■ ° 1.^5 — 177, intitule : d" Corporis animalis machine ** 





a tyfipit liber Aurclii de acutis passionibus. — Le traite commence 
aiflsi : Omnibus hominibus generantur egriludines ex quatuor hu- 
ynoribus unde et homo factus est; il finit par ces mots : tunc cyrur- 
gia erit adhibenda in rolundo et locum incisum sicut in omnibus 
vulneribus exegerit. Tout l’ouvrage est compris en 26 cliapitres : 
le premier traite de febrium qualitatibus, et le dernier de paroli- 
dis que in febribus fiunt. 

Ce qui m’a surtout interesse dans cet ouvrage, c’est qu’il est 
en grande partie redige d’apres les principes de la secte melhodi- 
que; on peut en conclure, ce me semble, qu’il date d’une epoque 
assez reculee. 

Notre manuscrit renferme encore une piece non moins inte- 
ressante, et que je crois egalement inedite : elle fait ici partie 
de 1’ouvrage dePriscien dont j’ai parle plushaut; il semble que ce 
soil une troisieme preface ajoutee aux deux autres qui se trouvent 
en tfite du premier livre dans les manuscrits et les editions vul- 
gaires. Elle est intitulee De incipiente secta medicince, et commence 
par ces mots : Incipiente sectam (secta) medicince, antequam Yppo- 
crates chous percipiat vocamentum priusquam chirurgycos intendat 
sermones interim dicam quce fieri preceptorem convenit si aptus ad 
docendum constiteril. 

Ce morceau finit par une lisle extremement curieuse des ecrits 
d’Hippocrate ; je ne puis la publier ici, parce qu’elle a besoin 
^explications et de commentaires qui m’entraineraient trop loin. 
Avant peu, je la ferai paraitre dans la Revue de Philotogie. 

L’autre manuscrit, sur parchemin, est du dixieme siecle ; il ne 
renferme pas un moins grand nombre de pieces que le precedent ; 
■a plus importante est sans contredit le traite des maladies des 
femmes, de Moschion. On sait que le livre que nous avons de 
cet auteur est une traduction grecque du texte latin original que 
on croit perdu. Tout me porte a croire que je l’ai retrouve dans 
6 man uscrit de Bruxelles; une etude plus serieuse de ce manu¬ 
scrit me couvaincra de la realite ou de la l'aussete de mes espe- 
rances ; si elles sont fondees, ce serait I’un des plus heureux re- 
sultats de mon voyage. Le texte est accompagne de plusieurs 
gores grossierement dessinees, represenlant les diverses posi- 
Uons du foetus. 



Tel est, Monsieur le Ministre, l’ensemble des reclierches qu 
m’a ete possible de faire dans les bibliotheques des villes ou j’i 
sejourne. Si mes souvenirs me servent fidelement, aucune missit 
semblable n’avait encore ete donn^e en France. Tandis que 
litterature classique s’enrichit tous les jours par de nombreusi 
et savantes explorations, on ne songeait pas a etendre | 
cercle des recherches pour la litterature medicale ancienne et <3 
moyen Age. C’est, pour ainsi dire, un honneur dangereux d’avoij 
eu le premier a entrer dans cette voie nouvelle : aussi ne saurai* 
je me flatter d’avoir repondu d'une maniere satisfaisante a. 
confiance qu’on a eue en moi. Je m’estimerai du moins fort heal 
reux si Monsieur le Ministre qui m’a fait I’honneur de m’envoy* 
en Allemagne, si Yotre Excellence, si les amis de l’eruditioi 
medicale trouvent que je ne suis pas reste tout a fait au-dessoT 
de ma mission, et si ces premiers resultats paraissent assez en* 
courageants pour qu’on tenle de nouvellesexplorations; confia"" 
a des mains plus habiles que les miennes, dirigees par vos soins^ 
elles ne sauraient, ce semble, Monsieur le Ministre, manquertT 
produire une recolle aussi abondante qu’utile a la science et a 
philologie. 

Je suis avec respect, Monsieur le Ministre , 

De Yotre Excellence, 

Le tres-humble et tres-obeissant serviteur. 


Ch. Daremberg, 

Bibliothecaire de I’Academie royale de medecine 
-*• medecin du Bureau de Bienfaisance d 
12® xirrondissement.